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Figuig au Maroc : découverte d’une oasis hors du temps

Il y a des étapes que l’on choisit soigneusement sur une carte. Et puis il y a celles qui arrivent un peu par hasard.

Figuig fait partie de ces belles surprises de notre voyage au Maroc en Unimog.

À l’origine, nous devions simplement poursuivre notre route. Mais une fuite d’huile et un besoin de soudure nous ont obligés à modifier notre itinéraire. Et finalement, sans ce petit contretemps mécanique, nous avons fait de belles rencontres qui nous ont fait découvrir Figuig.

Nous ne savions pas encore que cette étape allait devenir l’une de celles que nous retiendrions le plus de notre voyage.

Car Figuig, ce n’est pas seulement une oasis, des palmiers et de vieux ksour. C’est surtout une ville de rencontres, de générosité et d’une incroyable douceur de vivre.

Une rencontre inattendue avec la Tbourida

Alors que nous roulons sur la route en direction de Figuig, nous apercevons de l’animation et entendons de la musique au bord de la route.

Des chevaux, des cavaliers, des danses… Nous nous arrêtons.

La Gendarmerie Royale nous invite alors à nous garer pour assister au Festival Culturel de l’art de Tbourida, un spectacle équestre traditionnel marocain.

Nous apprenons que les participants vont faire une pause et doivent revenir vers 15 h 30. Alors nous décidons de rester.

Après tout, sans cette fuite d’huile et ce besoin de soudure, nous ne serions pas passés par cette route ! Et nous avons bien fait.

La Tbourida est un spectacle impressionnant. Les cavaliers avancent en groupe dans une démonstration équestre très codifiée, accompagnée de chants, de musique et, au moment attendu, de tirs de fusils chargés à blanc.

Les détonations sont particulièrement surprenantes lorsque l’on ne connaît pas le spectacle !

La Tbourida est une tradition équestre marocaine qui remonte au XVIe siècle. Elle met en scène des parades militaires inspirées de traditions arabo-amazighes ancestrales et est inscrite depuis 2021 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Ce qui nous a surtout marqués ce jour-là, c’est la ferveur des participants et l’accueil que nous avons reçu.

Des sourires, des « Bienvenue » et une ambiance festive qui nous donnent déjà un aperçu de l’hospitalité marocaine.

À 17 heures, nous reprenons finalement la route vers Figuig. Nous ne savons pas encore que la suite sera tout aussi belle.

Ouahid, notre première rencontre à Figuig

La veille, alors que Daniel était parti chez le soudeur, un jeune homme était venu me voir. Il voulait savoir si nous avions besoin de quelque chose, si nous avions besoin d’aide.

Nous avions échangé quelques mots et je lui avais dit que je lui enverrais un message lorsque nous arriverions à Figuig.

C’est ce que je fais. Et à notre arrivée, à la sortie du premier ou du deuxième ksar, Ouahid nous attend.

Il monte sur le marchepied de notre Unimog et nous guide jusqu’à son terrain afin que nous puissions nous installer tranquillement.

Voilà. Nous venons à peine d’arriver et nous sommes déjà accueillis comme si nous étions attendus depuis longtemps.

Mais Ouahid ne s’arrête pas là.

La veille, à ma demande, il avait contacté une association afin que nous puissions donner les vêtements et les chaussures pour adultes et enfants que nous avions apportés avec nous. Nous en avons sur la galerie dans le coffre mais aussi dans la roue de secours. La penderie est pleine de sacs mais également sous la table !

Une personne doit venir les récupérer, c’est Zoubida.

Et comme si cela ne suffisait pas, Ouahid nous trouve également un guide pour nous faire découvrir Figuig et sa palmeraie.

Rendez-vous est pris pour le lendemain à 9 h 30.

Nous comprenons rapidement que notre découverte de Figuig ne sera pas une simple visite touristique.

Figuig, une oasis aux confins du Maroc

Figuig se trouve à l’extrême est du Maroc, dans la région de l’Oriental, à proximité immédiate de la frontière algérienne.

La ville est entourée par l’Algérie sur trois côtés. La frontière terrestre entre les deux pays est aujourd’hui fermée, ce qui contribue au sentiment d’isolement qui caractérise cette oasis. Surtout que cette palmeraie s’étend des deux côtés de la frontière.

Et c’est justement cette situation géographique particulière qui donne à Figuig une atmosphère si différente.

Ici, le désert et la montagne entourent une immense palmeraie.

Les sept ksour de Figuig sont intimement liés à cette oasis. Construits traditionnellement en terre, ils constituent un patrimoine architectural remarquable, avec leurs ruelles, leurs passages, leurs remparts, leurs portes et leurs constructions traditionnelles. L’ensemble forme un paysage où le bâti et la palmeraie sont indissociables.

L’oasis de Figuig figure d’ailleurs sur la Liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2011.

Mais c’est en la parcourant à pied que nous allons véritablement comprendre ce qui rend Figuig si particulière.

Une journée dans la palmeraie de Figuig

Le lendemain matin, nous faisons la connaissance de Zoubida. Elle est ravie pour ses dons qui seront très utiles car c’est justement la bonne période puisque la collecte pour l’hiver vient de commencer.

Cette rencontre avec Zoubida sera l’une des belles rencontres de notre séjour à Figuig.

Vers 10 heures, nous partons ensuite avec notre guide, Mohamed. Et quelle journée !

Nous allons parcourir environ 12 kilomètres à travers la palmeraie et les ksour. Très vite, le mot « palmeraie » ne suffit plus à décrire ce que nous découvrons.

L’ambiance est difficile à expliquer.

Nous sommes à quelques kilomètres seulement de l’Algérie, dans une oasis immense, et pourtant tout semble incroyablement calme.

Pas de circulation. Pas de bruit. Seulement le murmure de l’eau qui s’écoule dans les canaux.

Nous avançons entre les palmiers, les jardins et les anciens quartiers. C’est paisible, presque irréel. Nous avons vraiment l’impression d’être dans un autre monde.

🌿 Une lessive venue de la nature

Lors de notre visite de la palmeraie, Mohamed nous a expliqué que cette plante séchée, réduite en petits fragments, était utilisée pour laver les draps et le linge. Mélangée à l’eau, elle permet d’obtenir une sorte de lessive naturelle, et déjà bien avant l’arrivée des produits ménagers modernes.

Dans cette oasis où l’eau a toujours été précieuse, les habitants avaient développé de nombreuses astuces pour utiliser les ressources offertes par leur environnement. Cette plante faisait partie de ces savoir-faire traditionnels aujourd’hui peu à peu oubliés.

Je garde en mémoire ces petits morceaux végétaux déposés dans la paume de la main, étonnants par leur simplicité : une lessive naturelle née du désert et de l’ingéniosité des habitants de l’oasis.

L’eau, la richesse de Figuig

Au cours de notre balade, Mohamed nous explique le fonctionnement de la distribution de l’eau dans l’oasis.

Et nous découvrons alors que l’eau est bien plus qu’une ressource à Figuig : elle est au cœur de l’organisation de la ville et de son histoire.

Les ksour se sont développés autour des sources et chacun est associé à un remarquable réseau d’irrigation permettant d’alimenter les centaines de parcelles de l’oasis. La gestion de l’eau repose sur des savoir-faire traditionnels et sur une organisation collective héritée de plusieurs générations.

La FAO reconnaît d’ailleurs depuis 2022 le système des ksour de Figuig comme Système ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM). Cette reconnaissance souligne notamment la gestion traditionnelle de l’eau et des terres ainsi que les liens entre les agriculteurs de l’oasis et les communautés pastorales voisines.

En parcourant la palmeraie avec Mohamed, nous comprenons concrètement toute l’ingéniosité de ce système.

Ici, l’eau a façonné le paysage.

Elle a permis aux jardins de s’installer dans cet environnement désertique et a rendu possible une agriculture diversifiée : palmiers dattiers, arbres fruitiers, céréales, légumes et plantes fourragères se côtoient dans l’oasis.

Les ksour de Figuig

Le mot ksar, au pluriel ksour, désigne un village ou un quartier fortifié.

Figuig compte sept ksour historiques, organisés autour de la palmeraie.

Nous allons en traverser plusieurs au cours de notre journée et découvrons peu à peu leurs ruelles étroites, leurs passages et leurs constructions en terre.

L’architecture traditionnelle est parfaitement adaptée au climat. Les murs en terre apportent de la fraîcheur et les ruelles étroites offrent de l’ombre.

Le patrimoine de Figuig ne se limite pas aux maisons : l’UNESCO mentionne également les remparts, les tours de guet, les mosquées, les mausolées, les portes, les places et les anciens systèmes d’irrigation parmi les éléments remarquables de l’oasis.

Mais le plus intéressant est peut-être de découvrir ces lieux avec quelqu’un qui les connaît intimement. Et Mohamed ne compte pas ses kilomètres. Même après notre pause déjeuner et malgré notre fatigue, il veut encore nous montrer sa ville.

Une pause hors du temps à La Maison de Nanna

Au cœur de la palmeraie, nous découvrons également un ancien ksar et La Maison de Nanna, une maison d’hôtes créée par Sylvie et El Mostafa et tenue lors de notre passage par Zineb.

Nous y faisons une pause. Zineb nous a gentiment offert le thé accompagné de délicieux msemen, ces crêpes marocaines feuilletées et légèrement croustillantes.

Après plusieurs heures de marche, ce moment est particulièrement apprécié. L’endroit est d’une grande quiétude.

La maison traditionnelle se trouve au cœur du Ksar Zénaga, l’un des sept ksour de Figuig, au milieu de l’oasis. La maison est construite selon des techniques traditionnelles en terre crue et matériaux locaux.

Nous montons sur le toit. Et là, la vue sur l’oasis est incroyable.

On domine les palmiers, les constructions et les montagnes qui entourent Figuig. Un endroit où l’on pourrait facilement rester des heures.

Une rencontre avec Zoubida

Mais notre journée ne s’arrête pas là.

Avec Zoubida, nous allons découvrir une autre facette de Figuig : celle des associations et des coopératives.

Nous visitons notamment la Coopérative Alkosourdes, où les dattes sont triées puis conditionnées.

Zoubida est une femme particulièrement active et engagée. Associations, coopératives, projets locaux… Elle nous emmène également découvrir une future coopérative consacrée à la fabrication du couscous.

Nous sommes loin d’une visite touristique classique.

Nous découvrons une ville vivante, des personnes qui s’investissent pour leur territoire et des initiatives qui font vivre l’économie locale.

C’est aussi ce qui nous plaît dans le voyage : derrière les monuments et les paysages, il y a toujours des femmes et des hommes qui donnent une âme aux endroits que nous traversons.

Un dernier thé avant de repartir

En fin de journée, nous invitons Ouahid à monter dans le camion. C’est l’occasion de lui expliquer notre projet.

Puis nous partons tous ensemble boire le thé chez Zoubida, à la Coopérative Ifassen. D’ailleurs, nous y achetons des petits paniers pour mettre les fruits.

La journée a été longue. Nous sommes fatigués. Mais nous sommes surtout heureux. Nous étions arrivés à Figuig presque par hasard. Nous repartons avec des souvenirs, des cadeaux, de nouvelles rencontres et surtout le sentiment d’avoir été incroyablement bien accueillis.

On dit souvent que les habitants de Figuig sont accueillants. Pour nous, c’est bien plus que cela. Nous avons été choyés.

Figuig, une oasis qui se mérite

Figuig est loin des grands circuits touristiques marocains. Et c’est probablement ce qui fait une partie de son charme.

Son éloignement, sa situation à la frontière algérienne, son histoire et son patrimoine ont contribué à préserver une atmosphère particulière.

L’UNESCO décrit d’ailleurs Figuig comme un ensemble où les ksour, la palmeraie, les jardins étagés, le système d’irrigation et les pratiques sociales forment un paysage culturel cohérent.

La FAO souligne elle aussi l’importance des savoir-faire traditionnels qui permettent encore aujourd’hui de gérer l’eau, les terres et l’agriculture de cette oasis.

Pour nous, Figuig restera surtout une étape humaine.

  • Une étape que nous n’imaginions pas ainsi, si riche.
  • Une étape née d’une fuite d’huile et d’une réparation sur notre Unimog.
  • Une étape qui nous a offert une rencontre avec la Tbourida, Ouahid, Zoubida, Mohamed et toutes les personnes qui nous ont accueillis avec tant de gentillesse.

Comme quoi, sur la route, les imprévus sont parfois les plus beaux cadeaux.

Nous reviendrons à Figuig, c’est certain.

🎥 Figuig en vidéo

Envie de découvrir Figuig en images et de revivre avec nous cette belle étape de notre voyage au Maroc ?

Retrouvez notre vidéo sur notre chaîne Meet On The Road et plongez au cœur de la palmeraie, des ksour et de ces magnifiques rencontres qui ont marqué notre passage à Figuig.

👉 Voir notre vidéo sur Figuig sur YouTube


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Que voir et que faire à Figuig ?

Si vous prévoyez de découvrir Figuig, voici les expériences que nous vous conseillons :

  • découvrir les sept ksour de l’oasis ;
  • parcourir la palmeraie de Figuig à pied ;
  • découvrir le fonctionnement traditionnel de la gestion de l’eau ;
  • observer les jardins et les cultures de l’oasis ;
  • prendre le temps de découvrir les ruelles et l’architecture traditionnelle ;
  • visiter les coopératives locales ;
  • goûter aux spécialités locales et notamment aux produits issus de la palmeraie ;
  • prendre le temps de rencontrer les habitants ;
  • faire appel à un guide local pour comprendre l’histoire et le fonctionnement de l’oasis.

Pour nous, la meilleure façon de découvrir Figuig reste de prendre son temps.

Une journée permet déjà d’avoir un bel aperçu, mais l’atmosphère de l’oasis mérite que l’on s’y attarde.

Figuig : mes conseils pratiques

Combien de temps prévoir ?

Je vous conseille de prévoir au minimum une journée complète, et idéalement davantage si vous souhaitez vraiment profiter de la palmeraie, découvrir plusieurs ksour et prendre le temps de rencontrer les habitants.

Faut-il prendre un guide ?

Après notre expérience avec Mohamed, ma réponse est clairement oui.

La palmeraie ne se résume pas à de beaux paysages. Son fonctionnement, la distribution de l’eau, l’organisation des jardins et l’histoire des ksour prennent tout leur sens lorsqu’ils sont expliqués par quelqu’un qui connaît parfaitement les lieux.

Où dormir à Figuig ?

Pour une expérience au cœur de l’oasis, La Maison de Nanna, située dans le Ksar Zénaga, est une adresse qui mérite d’être découverte. La maison d’hôtes est installée dans une construction traditionnelle en terre crue et bénéficie d’une situation privilégiée au cœur de l’oasis.

Figuig en Unimog ou en 4×4

Pour nous, Figuig faisait partie d’un itinéraire en véhicule d’expédition. On descendait par l’Oriental et repartait par la Piste Interdite puis Beni Tadjite et Boudnib.

Pour les voyageurs en véhicule aménagé, l’intérêt est aussi de pouvoir prendre le temps de s’arrêter et de rencontrer les habitants plutôt que de simplement traverser Figuig.

A Figuig, il n’y a plus de camping. Mais plusieurs emplacements sont indiqués sur les applications comme IOverlanders. Les voyageurs ne sont pas importunés dans cette ville du Maroc, bien au contraire.

Figuig dans notre road trip au Maroc

Notre découverte de Figuig s’inscrit dans notre voyage au Maroc en Unimog 1300L, entre pistes, bivouacs et rencontres.

Après les pistes de l’Oriental, cette étape nous a permis de découvrir un autre visage du Maroc : celui des oasis, des ksour et d’une vie locale profondément attachée à son territoire.

Et finalement, ce que nous retiendrons de Figuig n’est pas seulement son incroyable palmeraie.

C’est ce que nous avons ressenti en la parcourant.

  • Le silence.
  • Le bruit de l’eau.
  • Les palmiers.
  • Les rencontres.
  • Les sourires.

Et cette incroyable sensation d’avoir été accueillis à bras ouverts.

Figuig restera pour nous l’une des très belles surprises de ce voyage au Maroc.

Note : 2 sur 5.

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